Un téléphone fixe de la marque française Invoxia (DR)

C’est très paradoxal. Dans le secteur du « hardware », le matériel « high-tech », la France dispose de quelques pépites que même la Siliconvalley nous envie. Ainsi de la start-up Sculpteo, qui a annoncé, mardi 11 décembre, une levée de 2 millions d’euros auprès du fonds Xchange. L’augmentation de capital est certes modeste, mais importante à l’échelle de cette toute jeune société (fondée en 2009), d’une vingtaine de salariés seulement. Sculpteo propose au grand public –et aux professionnels – d’imprimer des petits objets en 3D (des « mugs », des protections d’iPhone, des bijoux, des vases…) sur une imprimante installée dans la vallée d’Harau, au cœur des Pyrénées. « C’est du made in zone rurale » se félicite son cofondateur, Clément Moreau, ingénieur centralien. La société a été récemment couronnée d’un prix au « Consumer Electronic Show » (CES), le plus grand salon mondial de l’électronique grand public, qui se tient à Las Vegas.

Le 30 novembre, c’était Invoxia qui rendait publique une augmentation de capital de 1,5 million d’euros (auprès de Newfund). Invoxia conçoit des téléphones fixes (il faut croire qu’ils ont encore un avenir), au design léché (très inspiré par Apple), permettant de «plugger » son smartphone.La PME a également reçu de nombreuses distinctions, du CES, et quelques prix de design.

Eric Carreel, l’homme à l’origine de ces deux start-up, est une figure des télécommunications en France. C’est lui qui avait créé dans les années 1990 la société Inventel –qui fut acquise par Thomson -. Il est l’un des contributeurs majeurs à l’architecture « triple play », qui permet de recevoir sur le fil de cuivre du téléphone fixe, à la fois l’Internet à haut débit, le téléphone et la télévision. M. Carreel a aussi fondé Withings, qui commercialise des pèse-personnes intelligents  et collectionne aussi les distinctions.

Au nombre des pépites, il y a aussi Orée, qui fabrique des claviers en bois, cité par tous les magazines féminins et « lifestyle » de cet automne. Coyote et son  GPS amélioré. Netatmo et ses stations météo intelligentes… Mais cela ne représente que quelques dizaines de start-up. La France ne compte pratiquement aucune grosse PME spécialiste du « hardware ». Mis à part Parrot, le spécialiste des objets connectés en bluetooth, fondé par Henri Seydoux en 1994 (la publicité pour son dernier casque audio, porté par Carla Bruni, n’aura probablement pas échappé aux usagers du métropolitain). Ou Archos, la société de l’ingénieur Henri Crohas, qui, bon an mal an, tente de résister avec ses tablettes et ses baladeurs numériques, au rouleau compresseur Apple. Thomson (aujourd’hui Technicolor), la seule entreprise d’envergure dans le secteur, a abandonné les marchés grand public au début des années 2000…

 




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Source : Technologies – LeMonde.fr