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Le siège de Wirecard, à Aschheim, près de Munich, en septembre 2018. Le siège de Wirecard, à Aschheim, près de Munich, en septembre 2018. CHRISTOF STACHE / AFP

Quatre mois après son entrée triomphante au DAX, le principal indice de la Bourse de Francfort, la fintech Wirecard affronte une violente crise. Depuis quelques jours, le cours de son action a connu une série de décrochages brutaux. Après avoir perdu 20 % en séance jeudi 7 février, l’action a de nouveau dégringolé le lendemain à la suite de l’annonce d’une descente de la police de Singapour dans les bureaux de ce spécialiste des services de paiement électronique. Une opération qui renforce les soupçons de malversations pesant sur le groupe depuis dix jours.

C’est le quotidien économique Financial Times (FT) qui a mis le feu aux poudres, le 30 janvier. Le journal a révélé qu’un salarié de Wirecard en Asie est soupçonné d’avoir dissimulé plusieurs transactions au moyen de contrats falsifiés ou antidatés. Celles-ci auraient permis de dissimuler des transferts d’argent entre les filiales du groupe pour améliorer son bilan. Le FT s’appuie sur la présentation interne d’un salarié du département conformité de Wirecard, qui décrit des opérations comptables suspectes à l’intérieur du réseau complexe de filiales du groupe en Asie. Les soupçons qui pèsent sur le groupe sont lourds : falsification de documents ou de comptes, fraude, corruption et blanchiment d’argent. Les trois articles successifs du FT ont à chaque fois fait plonger le titre en Bourse.

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Vendredi, l’action a franchi le plancher des 100 euros, bien loin de son plus haut de 200 euros atteint en septembre 2018, lors de son admission au sein du DAX. Depuis cette date, 12 milliards d’euros de capitalisation boursière sont partis en fumée. Jamais un groupe du DAX n’avait connu de telles variations de cours en si peu de temps, même au moment de la crise financière de 2009.

« Nous avons réglé cette histoire »

Wirecard rejette en bloc les accusations. Il qualifie les articles du FT de « faux, imprécis et diffamatoires ». Dimanche 3 février au soir, le PDG du groupe et actionnaire principal, Markus Braun, avait donné une interview au quotidien Handelsblatt pour donner sa version des faits. « Nous avons réglé cette histoire. Il n’y a pas le moindre risque. Nous ne devons faire aucune correction ou adaptation de nos comptes », a-t-il déclaré. Mais la descente de police de vendredi suggère que le groupe devra encore lutter quelque temps pour retrouver sa crédibilité. Wirecard a annoncé son intention de se défendre juridiquement contre le FT. Parallèlement, une enquête a été ouverte au tribunal de Munich pour un soupçon de manipulation de cours. Jusqu’ici, le parquet n’a pas estimé nécessaire d’ouvrir une enquête contre les responsables du groupe.

Source Article from https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/02/09/la-fintech-allemande-wirecard-chute-en-bourse-a-la-suite-de-soupcons-de-malversations_5421386_3234.html
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