Jean-René Fourtou lors de l'assemblée générale de Vivendi, le 30 avril 2013.

Vivendi a préféré céder sa filiale de téléphonie SFR au câblo-opérateur Numericable parce que l’offre de Bouygues était « intenable au plan de la concurrence », a déclaré Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance du groupe.

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Dans une interview à paraître lundi 7 avril dans Les Echos, il confirme d’autre part que, avec SFR, Vivendi a achevé son programme de cessions et que le groupe, qui disposera d’une trésorerie de cinq milliards d’euros, en rendra tout ou partie à ses actionnaires sous forme d’un dividende exceptionnel ou de rachats d’actions.

« INTENABLE AU PLAN DE LA CONCURRENCE »

« Nous préciserons nos intentions sur ce point à l’occasion de la publication des résolutions de l’assemblée générale du 24 juin », dit-il. Selon Jean-René Fourtou, c’est le critère de la « faisabilité » qui l’a emporté pour le choix entre les offres de Numericable et Bouygues sur SFR.

« Un rapprochement avec Bouygues aurait créé un groupe avec 47 % de part de marché en valeur dans le mobile, ce qui était intenable au plan de la concurrence », a-t-il estimé.

« La proposition de Bouygues de vendre son réseau mobile et des fréquences à Free allait dans le bon sens, mais il aurait probablement fallu aussi céder des clients », avec pour conséquence que, en cas de mariage Bouygues Telecom-SFR, « on se serait retrouvé avec une société en décroissance face à un concurrent surarmé, Free ».

L’IMPACT SOCIAL, FAIBLESSE DE BOUYGUES

Si Bouygues « avait proposé 15 milliards d’euros en cash en nous assurant que tous les risques concurrentiels étaient pris à sa charge, il aurait eu de sérieuses chances. Mais ce n’était pas le cas », poursuit-il. Le président de Vivendi a également jugé que son impact social était « aussi l’une des faiblesses du projet Bouygues », qui  « comportait de très importantes synergies mais avec beaucoup de doublons au niveau des effectifs ».

« Il y aurait eu 4 000 à 6 000 personnes en trop, sans compter les sous-traitants. La situation aurait été difficile à gérer, alors même que Bouygues s’était engagé à ne pas licencier pendant trois ans », conclut-il.

Source Article from http://www.lemonde.fr/technologies/article/2014/04/06/l-offre-de-bouygues-etait-trop-risquee-pour-la-concurrence-juge-le-patron-de-vivendi_4396633_651865.html
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