Dans le même esprit que l’Open Bidouille Camp qui s’est déroulé à la fin de septembre à Paris, n’hésitez pas à faire un tour à Make It Up ce week-end, au marché Malassis, aux puces de Saint-Ouen. Cet événement a pour ambition d’interpeller sur la question de l’obsolescence programmée de nos objets quotidiens et d’imaginer ceux que nous utiliserons demain. Ou comment faire du neuf avec du vieux… et un bon sens plus poussé qu’ici ?

Un dispositif en deux temps

Mathilde Berchon, spécialiste du mouvement des « makers » (ces « bricoleurs du XXIe siècle ») s’occupe de la communication du festival. Elle explique que cette rencontre originale et grand public est née de la collaboration entre de jeunes entreprises férues de DIY, d’Internet des Objets, d’Open Source et d’upcycling : Nod-A (qui aide les entreprises à innover), Weave AIR (cabinet de conseil en développement durable), MakingSociety (média et agence de communication spécialisée dans l’open hardware), Wiithaa (réseau dédié à l’upcycling), reaDIYmate (qui crée des objets connectés à Internet).

Leur envie ? Montrer qu’il est possible de fabriquer en un temps court des objets recyclés, durables et connectés, puis questionner et débattre de solutions pratiques face à l’obsolescence programmée. « On entend souvent dire que le DIY et l’électronique ouverte permettent de réutiliser, recycler et améliorer nos objets devenus obsolètes. Nous voulions mettre ces idées en action et les présenter auprès d’un large public, pas forcément familier de tout ça. Il y a aussi une dimension de plaisir à imaginer une nouvelle vie à ses objets, se les réapproprier, consommer autrement.« 

Aussi l’événement a-t-il débuté le week-end dernier avec la réunion de six équipes pluridisciplinaires (designeurs, développeurs, ingénieurs mécaniques, électroniciens, scénographes, marketeurs) qui avaient pour objectif de créer des prototypes d’objets communicants et durables à partir de matériel de récupération. Pour cela, « nous avons mis à leur disposition une caverne d’Ali Baba d’objets obsolètes, cassés ou abandonnés, et un mini fablab équipé de machines (fablab, imprimante 3D, thermoformeuse…) et d’électronique open source (arduino, …), ainsi que des mentors spécialistes dans leur domaine qui avaient un rôle de conseil« , explique la jeune femme.

Dcouverte des objets obsoltes

Découverte des objets obsolètes

Résultat des courses de créativité ? Six prototypes amusants, aussi utiles pour certains que culturellement intrigants pour d’autres, voyez plutôt :

  • Pictoast, un grille-pain recyclé qui permet de customiser les toasts de ses proches (coup de cœur Canal + pour sa nouvelle émission)
  • Blend Up : un mixeur qui broie du papier et le transforme en matériau de construction prêt à être utilisé.
  • Twitte Mood : transforme de vieilles souris d’ordinateur en instruments de musique qui twittent.
  • Palp : kit de communication tactile à distance
  • Bouches à Oreilles : une machine pour partager son expérience d’un lieu public, qui recycle un téléphone fixe.
  • Palpit’Hacker : un collier pour mieux rythmer sa pulsion cardiaque, fait à partir d’une boîte de conserve revisitée.

Ils vous seront présentés ce samedi 8 décembre, de 12 heures à 18 heures et demain dimanche 9 décembre (de 10 heures à 18 heures), les six équipes seront là pour vous expliquer leur démarche et vous montrer comment reproduire l’objet à la maison – la documentation sera partagée en ligne.

Vous pourrez aussi assister à des débats citoyens pour imaginer des solutions à l’obsolescence programmée au travers de trois thématiques/pratiques : le do-it-yourself, la cocréation et l’Internet des objets. « Les sujets seront expliqués et animés par les coorganisateurs et tout le monde pourra intervenir dans une démarche très libre« , disent les organisateurs.

Enfin, un atelier d’upcycling en continu sur les deux jours vous permettra de venir créer des objets à partir de matériel de récupération, en étant aidé et conseillé par des designeurs.

Tendance prototypage

Cet événement, aussi appelé « makeathon », a une petite histoire, que m’a racontée Mathilde Berchon : « Le mot « makeathon » est pas mal inspiré d’un événement qui a eu lieu à San Francisco récemment : Urban Prototyping (UP), un hackathon et un festival pour imaginer des prototypes destinés à améliorer la ville et la rendre plus sociable et agréable (bien qu’elle le soit déjà 🙂 ). C’est un mot plus ouvert et inclusif que « hackathon », mais nous parlons aussi tout simplement de « prototypage ». »

Pour en savoir plus, il ne vous reste plus qu’à regarder la vidéo suivante ou à vous y rendre, n’est-il pas ?

++ www.makeitup.fr et la galerie photos Flickr du week-end dernier

++ Internet des objets : à quand des trucs utiles ?

 Anne-Sophie Novel / @SoAnn sur twitter

Source : Technologies – LeMonde.fr