Vous n’en avez pas eu assez avec Call of Cthulhu ? Rjouissez-vous, un autre univers Lovecraftien dbarque directement sur le disque dur de vos PS4, Xbox One et PC. Et il sortira mme un jour sur Switch ! On s’est jet l’eau, rsolu moult enqutes et on vous raconte tout !

En ces temps caniculaires – ou presque – rien ne vaut un rafrachissement aquatique. Aprs le trs moyen Sea of Solitude, qui prsente quelques visuels similaires ceux que proposent The Sinking City, voici que c’est ce dernier de passer sur le grill (du barbecue). Est-il la hauteur des attentes qu’il suscite dans le coeur de nombreux joueurs ?

En effet, nous n’avons pas faire n’importe quel titre : The Sinking City sort des ateliers du studio ukrainien Frogwares, qui l’on doit dj quelques bons petits jeux dans leur srie ddie au clbre inspecteur Sherlock Holmes, qui jouit d’un petit succs d’estime auprs des connaisseurs. Mais trve de blabla, rentrons dans le vif du sujet, je vous prie.

Sea of Solitude ?Fluctuat nec mergitur

Dans The Sinking City, on s’loigne du Londres de Sherlock pour dbarquer au nord de la cte est amricaine, dans le Massachusetts, Oakmont, pas trs loin de Boston. Le dtective de Baker Street n’est tout de mme pas trs loin et insuffle un peu de sa personnalit dans le personnage principal de l’aventure, Charles Reed, un priv, ancien plongeur de la marine avec les troubles post traumatiques qui vont avec. Mme si cette fois-ci, notre fin limier et son sac dos magique (on peut changer de tenue) va se retrouver confront un problme trs Lovecraftien : Oakmont, un peu comme Silent Hill, est isole du reste du monde, presque inaccessible cause d’une soudaine monte des eaux qui affecte toute la ville qui se retrouve avec des rues entires noyes, comme Venise. Comme pour Silent Hill, Reed y a t attir par un mystrieux rve rcurrent, dans lequel il voit la cit se noyer sous les eaux faon Rapture dans BioShock, avec un genre de Kraken qui rde dans les parages. Il n’est pas le seul avoir cette vision et la ville est en proie des phnomnes trs mystrieux. Notre dtective essayera bien videmment de faire la lumire sur ces vnements tout au long de l’aventure. Le scnario est sympa, offre quelques variations avec son systme de choix, que ce soit lors des dialogues ou dans la direction donner une enqute, mme s’il est quelque peu pollu par des pouvoirs cheats de la part de notre cher Charles Reed, qui a un sixime sens d’enquteur qui lui permet de voir des fantmes du pass et donc apprendre le nom du coupable partir d’une simple scne de crime, du souvenir d’un complice qui parle et qui donne l’identit du criminel, le tout sans rellement rien analyser en profondeur…

Question ambiance, The Sinking City tape fort. Le jeu bnficie d’une traduction des textes et de doublages intgralement en franais. Le tout est plutt de bonne qualit, sans tre transcendant. Mais les dialogues sont trs nombreux, et la plupart du temps, a fonctionne sans accroc. L’univers cr pour l’occasion s’inspire grandement de l’architecture locale de l’poque, qu’on a tous dj vu dans un film ou deux – sauf Thomas Pillon – et la ville d’Oakmont est totalement dglingue : les gens y errent et semblent totalement dsorients. Le tout possde un aspect trs contemplatif pas dgueu, et qui viendra sauver de la noyade un des autres aspects du jeu comme nous allons le voir un peu plus tard. Certains PNJ ont un design animalier trs marqu au niveau du visage : singe, poisson, qui cristallise un racisme prsent tel qu’il existe dans la ralit. Notre dtective est de surcrot victime de bon nombre d’hallucinations, qui se superposent l’action tel des images subliminales, la ville est totalement dlabre et des phnomnes surnaturels surviennent un peu partout. L’ambiance Lovecraftienne fait clairement mouche et c’est un des points forts du jeu.

Des visions du pass !Un monde ouvert sur rails

le suite est un peu moins rjouissante. Les 7 quartiers qui composent le monde ouvert de The Sinking City proposent une belle diversit dans les dcors, avec quelques passages sous-marins, mme si a reste globalement une ville inonde. On y trouve des quartiers pavillonnaires, d’autres avec des immeubles, l’hyper centre, le port, le campus universitaire… Comme je le disais prcdemment, le tout est plutt vivant mais reste assez creux au final. Comprenez par l que si la dcouverte visuelle est agrable, l’exploration en termes de jeu est bien plus laborieuse. Les rues d’Oakmont grouillent de vie, mais les interactions sont quasiment inexistantes. C’est assez frustrant, et du coup, dans la ville, on ne fait que se dplacer de faon plutt laborieuse d’un point A un point B sans rien faire d’autre qu’avancer. Hormis dans les lieux, des qutes principales et secondaires, ainsi que quelques boutiques et PNJ, il ne se passe rien sur notre chemin. Si vous aimez l’univers et regarder le paysage, vous pourriez y trouver votre compte. Si ce n’est pas le cas, vous risquez de rager srieusement. Mais quoi qu’il arrive, c’est un gros « on n’aime pas » dans le rsum de ce test.

Les dplacements pied ou en bateau sont du coup fastidieux, on marche sur des distances assez longues, et le voyage rapide, uniquement disponible dans une des rares cabines tlphonique de la ville, n’est pas pratique. Le scnario nous fait grce de quelques dplacements quand le hros tombe dans la vapes et se rveille son htel ! Souvent, le passage est bloqu, ou inond. La barque rapparat souvent l o en a besoin, car mieux vaut ne pas tenter la traverse la nage : Des tentacules semblent rder au fond de l’eau… Attention, dans quelques coins reculs, sans ponton proximit, la chute peut tre mortelle ! Quelques zones de combat sont tout de mme de la partie, o l’on va devoir affronter des hordes de monstres tentaculaires dans des combats avec une jouabilit TPS peu inspire. Le jeu propose une progression avec des qutes principales et secondaires o il faut chercher soi-mme sa destination sur la carte avec le nom des rues. Il existe un systme de points d’intrt placer sur la carte, mais c’est inutilement lourd et peu ergonomique et peut mme porter confusion. The Sinking City propose donc un monde ouvert bien dcevant, o l’on marche beaucoup dans des qutes au demeurant trs linaires…

Sale bte !lmentaire mon cher Reed

Dans The Sinking City, les enqutes se bouclent en faisant appel plusieurs mcaniques de gameplay diffrentes. A partir du carnet dans lequel on rpertorie tout, nous de faire le tri, de chercher sur la carte vers o il faut se diriger. On va devoir recouper nos lments de preuves avec les archives locales, l’universit, au commissariat, au journal du coin… Pour encore plus d’aller-retours ! Sur les scnes de crime, notre fin limier dispose d’un 6e sens bien pratique pour reprer les indices cachs. Puis, encore plus fort, il est capable de voir des souvenirs du pass en mode Ethan Carter : Des fantmes rejouent l’acte criminel sous nos yeux, et on doit remettre le tout dans l’ordre pour dcouvrir ce qui s’est pass. Sauf que parfois, c’est vraiment cheat. Exemple, un employ de la mafia qui cite le nom de son organisation et de son patron pendant un forfait, rendant la suite de l’enqute beaucoup plus facile… Parfois, pour rendre les choses plus tendues, pendant nos investigations, on doit affronter des bestioles qui apparaissent comme par magie. Un joli clin d’oeil Deadly Premonition ?

A ct du carnet, on trouve le palais de la mmoire. On y associe des indices pour en faire des dductions et faire avancer son enqute. On peut aussi lui donner une direction ou une autre via des choix moraux ou des preuves orienter, voire masquer pour changer le destin de certains PNJ. Le tout est assez redondant d’une mission l’autre et prsente au final peu de challenge. On peut compliquer la tche en faisant disparatre les indications du HUD dans le carnet, ou en supprimant mme le palais de la mmoire, si l’on veut prendre soi-mme des notes dans son petit carnet faon enquteur du dimanche. Personnellement, j’en ai pris, mais c’tait pour le test ! Malgr une certaine redondance et quelques facilits, on prend du plaisir interagir avec l’univers lors des enqutes surnaturelles de Charles Reed.

C’est plus beau sur la cupture qu’anim l’cran…Touch-coul

Par contre, il est un autre point qui, comme le monde ouvert, pourra faire un peu rager : la technique. Le jeu n’est pas moche, loin de l. Les modles 3D sont plutt pas mal et la direction artistique relve vraiment le tout. Mais sur PS4 PRO, c’est truff de petit bugs graphiques. On marche dans les pas de Fallout 76. Le jeu n’est pas super fluide, se paye quelques bonnes chutes de frame rate, voire des micro-freezes de quelques diximes de secondes qui peuvent faire finir dans le mur. Pourtant, rgulirement, la machine de SONY souffle comme un avion au dcollage !

Le monde ouvert bnficie de petits effets de mto, comme un brouillard, mais ce dernier empche de voir plus de 10 m : on se croirait revenu sur PS1 ! Les lumires ne sont pas super bien gres, les transitions sont parfois trs abruptes, et crent mme quelquefois l’impression d’un filtre lumineux pas trs beau. Le dcor apparat au dernier moment au loin, mais aussi de prs, et mi-distance. Les PNJ, les objets, les btiments… Tout y passe. Mention spciale l’herbe qui n’apparat que dans un rayon de 5-6 mtres autour du personnage. Aussi, les textures et les modles 3D mettent parfois plusieurs secondes charger, et apparaissent au pralable de faon totalement dforme, avec une mention spciale aux gros arbres, qui semblent sortis tout droit de l’enfer, un peu comme si Chtulhu habitait vraiment le jeu ! En tous cas, une chose est sre, techniquement parlant, si ce n’est pas moche, tous ces petits dfauts peuvent srieusement agacer…

 
 
 

L’AVIS DE DOPAMINE

Je ne suis pas particulirement fan des jeux qui vous collent la ptoche. Mais je lis. Beaucoup. Aussi je suis ravi que la licence Lovecraft soit maintenant libre de droits et inspire plus de jeux. Surtout lorsqu’ils sont aussi bien russis au niveau de l’ambiance comme The Sinking City. Il y a toujours une planche qui craque, un courant d’air, un vague murmure qui maintient la tension. C’est presque palpable et si les instants de rflexion viennent vous permettre de respirer un peu, le sentiment d’avoir quelque chose tapi dans l’ombre prt vous digrer est omniprsent. Je n’ai pas eu de soucis techniques sur la version PC utilisable via la plateforme Epic Games (pour le moment). Les textures taient fines avec une excellente profondeur de champ. Il semble donc bien que le portage sur consoles aurait mrit plus d’optimisation. Si vous avez le choix, prenez le donc sur PC (en plus il sera moins cher en version physique). Mais sur le fond, vous en aurez pour votre argent quelle que soit la plateforme.

The Sinking City est aussi The « Thinking » City. Grce son systme d’indices et au palais mmoriel, c’est aussi vous de vous faire votre propre histoire en touchant du doigt les thmatiques de sgrgation qu’aborde le jeu. Bien sr, il y a des lenteurs et des redondances qui font qu’on reste en face d’un bon jeu et pas d’un chef-d’oeuvre. Les combats notamment ne resteront pas dans les mmoires. Mais les ingrdients d’une bonne aventure sont prsents : une criture profonde, une ambiance russie.

 

 
 
 
 

Source Article from http://www.gameblog.fr/tests/3439-the-sinking-city-pc-ps4-xb1
Source : Gameblog