citizenkane201 300x90 Pourquoi les journalistes doivent passer au web ?Le journalisme 2.0 suscite de véritables interrogations quant aux façons de travailler, aux nouveaux rapports aux lecteurs, et à la banalisation de l’image grâce aux réseaux sociaux.

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Un vieux métier

Le journalisme a des allures de métier traditionaliste, notamment la presse papier, dont les méthodes de travail sont vieilles comme le monde. Si les jeunes générations, bercées dans l’ère du numérique, n’éprouvent aucun mal à s’accoutumer au passage à l’internet, il en est tout autrement des « vieux journalistes », qui ont pris du galon hors des limites de la toile. Le format web impose un rapport au lecteur complètement différent, où le courrier des lecteurs s’est transformé en un outil si simple à utiliser : le commentaire. Flavien Hamon, journaliste et gestionnaire de communauté au journal Le Monde, raconte : « On essaie de sensibiliser les moins adeptes de l’internet, ceux qui sont habitués à certaines méthodes de travail depuis de nombreuses années, à ces nouvelles façons d’envisager le journalisme » parce que « le contact direct avec les lecteurs est quelque chose de difficile pour eux ».

journalistes discours entreprises marques Pourquoi les journalistes doivent passer au web ?Un travail au long terme

Justement, « ceci fait parti des gros challenges des Community Manager et des médias en général. Il faut constamment les pousser. Et ça passe par leur dire : « tiens il y a tel commentaire qui te félicite à propos de ton sujet », pour leur montrer qu’il y a aussi de bonnes choses dans les commentaires et pas que des gens qui leur gueulent dessus », raconte-t-il. C’est vrai, il est indéniable que l’internet et le droit de réponse des internautes à provoqué un effet secondaire indésirable qu’on peut résumer en l’appelant « trolling ». Historiquement, bien que selon les périodes la population a eu plus ou moins confiance dans la presse, le journaliste est bien vu. L’ère d’internet pose problème : elle se résume par une remise en cause permanente des dires journalistiques, allant même jusqu’à ne pas croire « un traître mot de ce que les médias racontent ».

Du coup, il faut regagner cette confiance des lecteurs en adoptant internet et en faisant face aux démons qu’il engendre. Et ceci passe par la prise en compte des commentaires, des remarques. Flavien Hamon s’appuie sur une anecdote pour montrer qu’il n’y a pas que des mauvais aspects : « Je me souviens d’une femme qui avait fait un commentaire très long sur les prothèses mammaires, et les relations que son médecin avait trouvées avec son cancer. Ce qui nous avait permis de faire notre reportage après. Si tu ne lis pas les commentaires, tu ne risques pas de tomber sur ce genre de perle ».

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Adoption des réseaux sociaux

En ce qui concerne le ressenti de l’implication des journalistes sur les réseaux sociaux, il est plutôt bon. Une impression confirmée par l’engouement de Flavien qui y voit une occasion de « casser cette image de journaliste inabordable » et que « le fait de se mettre en avant est la meilleure façon de nous rendre humains auprès des lecteurs. Je trouve que c’est vraiment une très bonne chose ». D’ailleurs, les lecteurs répondent à cet engouement, surtout à celui de Twitter, et l’on s’aperçoit que les comptes de journalistes sont extrêmement suivis. Le lecteur est avide d’informations, et ceci semble prouver qu’il sait encore que le journaliste est là pour lui donner. Des réseaux sociaux qui sont donc un outil formidable dans la reconquête d’un lectorat, qui reste toujours friable, mais auquel le journaliste peut renvoyer une image humaine. Mais attention, « pour chaque petit pas que tu vas faire, il en suffit d’un faux pour devoir tout recommencer. Une bourde, un énervement contre un lecteur, peut conduire à l’annihilation de tout ce que tu avais entrepris », conclut-il. Il ne manque plus qu’un peu de temps pour se rendre compte, si oui ou non, l’implication des journalistes sur internet a porté ses fruits.



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